Petites histoires longues

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Petites histoires longues

Message  Iliamn le Dim 28 Oct - 23:00

J'importe également mes écrits passés relatant la vie de ma monkette Angie et de sa petite soeur alchimiste Undomiel. Enjoy Wink

Les premières années

La prime enfance d’Angie fut des plus heureuses entre un père attentionné et une mère aimante. Dans sa jolie tête, pleins de beaux souvenirs des visages radieux de ses parents jouant patiemment avec leur fille unique, où se promenant ici où là.

Mais également un autre souvenir. Le plus douloureux qu’un enfant puisse porter : la veillée funèbre d’un père, les pleurs éperdues d’une mère.

Comment un enfant de 5 ans peut-il comprendre qu’il ne reverra plus son cher et tendre papa ? Comment peut-il également comprendre que sa maman avait un tel chagrin qu’elle en a perdu le bébé qu’elle portait ? Comment peut-il comprendre que tout ce qu’il connaissait jusque là allait disparaitre ?

Comment ? En le vivant. En devenant l’unique raison de vivre d’une femme vaincue par la tristesse. En aidant du mieux qu’elle le pouvait cette femme qui craignait jour après jour pour la vie de son enfant dans lequel elle retrouvait les traits et le caractère de son défunt époux.

Vers l’âge de 10 ans, alors qu’Angie jouait avec ses jeunes voisins, elle se confectionna un petit arc avec des brindilles en guise de flèches. Le groupe d’enfants refaisait le monde à grand coup d’épées de bois contre le vent, de cibles improvisées au fond des jardins familiaux, de combats épiques entre deux grands guerriers qui ressemblaient fortement à deux marmots affublés de torchons de cuisine pour plastron...

Notre jeune fille était à l’affut d’un cruisader des plus impressionnants, revêtus d’une couverture à motifs floraux, et arborant fièrement un long bâton qui aurait pu ressembler à une épée s’il fut moins fin. Embusquée derrière un rosier, son arc en position de tir, le regard fixé sur son adversaire, elle ne prenait garde à ses arrières. C’est alors qu’un assassin fit irruption derrière elle, sans bruit et la poignarda dans le dos à l’aide d’une herbe fraichement cueillie.

Elle s’écroula donc, terrassée par l’ennemi invisible, et dans un mouvement théâtral, se retourna pour faire face à ce vil assassin, le regarda dans les yeux avant de s’écrouler tout aussi théâtralement sur l’herbe fraiche et de crier haut et fort : « Assassin dans les lignes arrières ! ».

Ce n’étaient que des jeux d’enfants, mais une femme regardait la scène les poings fermés, ses ongles perçants la chair de ses paumes, laissant s’échapper quelques gouttes de sang.

La scène qu’elle voyait elle-même était sensiblement différente. Elle voyait ce qu’on lui avait raconté il y avait quelques années désormais. Comment l’un des meilleurs archer s’était fait débusqué par un assassin, poignardé dans le dos, et surtout comment il avait réussi à prévenir dans un dernier souffle que les lignes étaient infiltrées par un tueur invisible. Comment son mari avait trouvé la mort au combat... et comment sa fille unique, son enfant chéri, allait suivre cette voix si elle ne faisait rien.

Figée, tremblante, elle laissa les marmots jouer encore un moment avant de rappeler la prunelle de ses yeux.

Ce soir-là, l’histoire que sa mère lui raconta n’était pas de la même nature que toutes celles que la jeune Angie avait entendu jusque là. C’était l’histoire de son père, le récit de ses dernières heures. Avant de laisser sa fille seule dans sa petite chambre, la mère profita des instants pendant lesquels les enfants sont les plus réceptifs : les dernières minutes avant le sommeil, pour lui dire ceci.

- Le jour où tu es née, une prédiction a été faite sur ton berceau. Cela veut dire que ton futur a été révélé. Et voilà ce qui a été dit : l’enfant – donc toi Angie – connaitra le même destin que son père. Ton papa est mort parce qu’il participait à toutes les guerres, qu’il était très exposé, parce qu’il était très bon archer, parce qu’il était lui-même une cible. Je ne veux pas que tu fasses pareil que lui. Qu’est ce que je ferais sans toi ? Je serais bien triste tu sais. Tu veux faire plaisir à ta maman ? Oui... Alors promet moi que plus jamais tu ne retoucheras un arc de ta vie.

Et l’enfant de répondre en son âme et conscience :

- Oui maman, c’est promis.

Jamais elle ne reprit en main un arc ou tout accessoire pouvant y ressembler de près ou de loin. Elle obéit à sa mère en jeune fille bien élevée.


Les années passèrent à nouveau. D’enfant, Angie était devenue jeune fille. Sage, toujours rentrée avant la tombée de la nuit, toujours levée avant le soleil, travailleuse, elle faisait vivre sa mère des fruits du potager qu’elle entretenait jalousement.

Mais l’ordre des choses rattrapa la jeune fille. Un mal mystérieux lui enleva sa seule raison d’être en trop peu de temps. Certains disaient que sa mère avait trouvé le repos éternel auprès de son cher époux. Mais Angie pensait plutôt que sa mère avait disparu, tout comme son père.

Lors de l’enterrement, un homme d’église remarqua qu’elle ne versait pas une larme. Etait-elle dépourvue d’humanité à ce point qu’elle ne pleurait pas sa mère ?

- Pardonnez-moi de vous poser cette question mademoiselle, mais, pourquoi ne montrez-vous aucun sentiment en un si terrible moment ?

Le regard vague, la jeune fille le fixa calmement et lui dit :

- Pourquoi pleurer un être qui ne souffre plus ? Pourquoi se faire du mal pour s’en rendre malade ? C’est dans l’ordre de la vie que les personnes qui vous sont chères partent un jour non ?

Le prêtre fut soufflé par une telle réponse. Il ne s’attendait pas à un tel calme et à une réflexion si mûre de la part d’une personne non initiée à la théologie et d’autant plus si jeune.

- Qui vous a apprit cela ?

- Moi pourquoi ? Je n’ai qu’une quinzaine d’années, mais cela fait quinze ans que je pense, que je réfléchis, que j’examine et que j’analyse ce qui se passe autour de moi. Les personnes meurent toujours un jour où l’autre, et souvent leur entourage les pleurent des années et parfois ne s’en remettent pas. Mais à quoi bon ? Les morts voulaient-ils provoquer autant de chagrin ? Je ne le pense pas.

- A quel avenir vous destinez-vous mademoiselle ?

- Je ne sais pas encore. Pourquoi une telle question ?

- Entrer à l’église pourrait vous être utile pour affuter votre jugement et en faire partager les nôtres.

- ... Vous pensez ?

Quand Angie rentra chez elle ce soir-là, ravivait un feu dans la cheminée et s’installa devant comme à son habitude, ses pensées divaguèrent quelque peu. Et si le prêtre disait vrai ? Mais à quoi bon affiner des réflexions sur le sens de la vie ? A quoi cela la mènerait-elle ? Pour elle à rien, mais si elle pouvait aider des gens à mieux comprendre le monde dans lequel ils évoluaient, ce serait une bonne chose...

Et puis, avec un peu de chance et beaucoup de travail et de patiente, peut être deviendrait-elle un jour elle-même une cible privilégiée comme son père le fut autrefois. Peut être aurait-elle la mort qu’elle avait vu dans ses rêves d’enfant.

Le lendemain, un baluchon sur l’épaule, elle verrouilla la porte de la demeure familiale et partie en direction de Prontera. Vers sa nouvelle vie. Vers sa voie.
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Re: Petites histoires longues

Message  Iliamn le Dim 28 Oct - 23:01

Jeune novice, tu deviendras acolyte

Le village où avait vécu Angie était éloigné de quelques dizaines de kilomètres de la capitale du Royaume de Rune Midgard, il fallut à la jeune fille une bonne semaine pour arriver à destination. Mais au cours de ce laps de temps, elle fit la rencontre d’une autre jeune fille qui marchait dans la même direction qu’elle.

Rapidement, elles se lièrent d’amitié et découvrirent avec joie qu’elles avaient le même objectif : entrer dans les ordres et servir la Sainte Eglise. Angie découvrit aussi que son amie en savait beaucoup plus qu’elle sur les différentes classes de corps de métiers, leurs subdivisions et leurs spécialités, ainsi que sur les guildes et alliances qui réunissaient des combattants sous la même égide.

Quand Angie demanda à son amie comment elle pouvait savoir tous ces détails, elle lui répondit vaguement que sa sœur était hautement connue et fondatrice d’une guilde, mais elle ne souhaita pas s’attarder sur la question.

Cette jeune fille était un mystère pour Angie... Elle connaissait son nom, mais son amie ne voulait pas qu’il soit utilisé et préférait se faire appeler Le Major. Elle savait qu’elle avait une sœur, mais ne pu savoir ni son nom, ni son âge. Bref, Le Major gardait son passé sous silence et Angie respectait son amie.

Elles arrivèrent enfin à Prontera et ce qui devait arriver arriva, elles se perdirent dans la ville... Elles eurent donc tout à loisir de parcourir les immenses artères de la capitale ainsi que ses petites ruelles et de découvrir les enseignes, échoppes et autres tavernes.

Enfin elles purent entrer dans le sanctuaire des novices, là où commençait l’aventure de ceux qui désiraient se mettre au service du Royaume. Il leur fut donné un coutelas, un sac à dos et une tenue soit disant adéquat pour faire ses premières armes...

En voyant la lame, Le Major ne put s’empêcher de sourire et de dire :

Major : « Certains couteaux de ma cuisine sont plus tranchants que celui-ci ! »

Mais les deux jeunes filles partirent dans les champs environnant, le sourire aux lèvres, le couteau au poing et leur objectif bien en tête : devenir Monk dans un minimum de temps...

Elles prenaient plaisir à massacrer les boules roses, les sauterelles géantes, les champignons trotteurs, les cafards chapardeurs et bien d’autres... et ne virent pas le temps passer que déjà, elles avaient les capacités nécessaires pour franchir le premier stade de leur nouvelle vie : elles allaient pouvoir prétendre à entrer au service de l’Eglise, à devenir des acolytes.

De Prontera à Morroc, de Morroc à Geffen, de Geffen à Prontera, nos deux amies purent enfin recevoir les attributs de leur nouveau statut : une jolie robe toute simple, et purent enfin être admises au sein de l’Eglise.

Elles eurent alors à faire un choix quant au lieu de leur futur entrainement et selon Le Major, le mieux à faire était de se rendre à Payon où une caverne à multiples niveaux offrait toute sorte de monstres à démolir. Angie qui était passée maitresse dans l’art délicat du massacre en mode purée et du déchiquetage en moche hachis, se réjouissait d’avance d’aller se battre et s’entrainer aux côtés de sa mystérieuse amie.

Les meilleurs moment de sa vie d’acolyte, Angie les passa dans la première cave. Toujours armées de leurs petits couteaux de cuisine, les deux jeunes filles se firent mettre K.O. bien des fois, mais même quand elles sortaient des cavernes, couvertes de toiles d’araignées, de substances vertes et visqueuses, poisseuses comme si elles ne s’étaient pas lavées depuis des semaines, elles prenaient toujours autant de plaisir à aller taquiner les squelettes et les zombies.

Un beau jour, alors que les deux jeunes amies étaient en train de courir après une horde de chauve-souris, une rumeur enfla dans le premier niveau des caves... Une priest de haut niveau serait en train de chercher un major dans tout Payon. Aussitôt, l’amie d’Angie lui intima le silence et l’on put entendre :

- MAJOR ! Où te caches-tu ?

L’intéressée se tourna alors vers Angie et avec un clin d’oeil :

- Si elle savait...

Au détour d’un lacet et après avoir mit fin à la « vie » de quelques zombies, les amies se retrouvèrent nez à nez avec une grande femme en robe rouge, à la beauté époustouflante, et au sourire charmeur qui était en train de soigner à tour de bras les jeunes gens qui n’avait plus la force d’avancer. Le Major s’approcha d’elle :

- Awen, ma sœur ! Pourquoi me cherchais-tu ? Et surtout, comment vas-tu depuis le temps que je ne t’avais vu ?

Elles discutèrent un moment entre elles, puis le Major présenta son amie à la Priest :

- Angie, je te présente ma sœur, Awen. Des affaires importantes me rappellent chez moi, je suis navrée, mais je dois te laisser maintenant. Ne t’inquiète pas, un jour nous nous retrouveront, c’est promis.
- Tu as intérêt, sinon gare à toi si je te retrouve, ça ira très mal pour ton matricule.

Après s’être donnée l’accolade, Le Major prit la direction de la sortie et laissa Angie en compagnie de la Priest.

- Je suis désolée, j’ai oublié toute notion de politesse. Je suis enchantée de faire votre connaissance Awen.
- Et moi de même jeune fille. Mais dis-moi, explique moi un peu ce que tu fais ici et quel est ton niveau actuel.

Tout en discutant, la Priest augmentait les défenses d’Angie et la maintenait en forme de manière qu’elles ne bougèrent pas du couloir où elles étaient, mais continuèrent de parler sans trop se soucier des monstres qui apparaissaient ça et là.

Elles se séparèrent tout de même en fin de journée, mais convinrent de se retrouver au même endroit le lendemain.

Et le lendemain, Awen était là avant l’acolyte avec une massue dans les mains.

Awen : « Tient, prend ça. Ne me pose pas de question, tu la gardes, et tu cognes avec. Compris ? »
Angie : « Mais ?... »
Awen : « Pas de question j’ai dis. Allé zou, je te suis, on va voir ce que tu peux faire comme dégâts. »

La masse était lourde, mais facilement maniable. Et les monstres tenaient bien moins longtemps face à l’acolyte enragée qui courrait à leur rencontre.

En fin de journée, alors que les deux femmes prenaient un peu de repos à l’extérieur de la caverne :

Awen : « La guilde dont je m’occupe a besoin d’un Monk efficace. Tu m’as dis vouloir acquérir un Azura puissant. Voudrais-tu faire partie de La Voie de Némésis ? »
Angie : « Ca serait un honneur. Oui j’aimerais. Mais pourquoi ne demandes-tu pas au Major ? Nous avons le même objectif elle et moi. »
Awen : « Ma petite sœur veut se débrouiller par ses propres moyens. Tu la connais, têtue comme elle l’est, elle m’enverrait paître. »

Le lendemain, pas d’Awen à l’horizon et Angie trouva la journée bien longue à corriger les monstres toute seule. Le sur-lendemain de même. Et ainsi de suite pendant toute une longue semaine... Pendant ce temps, la jeune acolyte discutait chiffon avec ses camarades, se faisait harceler à grands coups de « HEAL PLEASE », quand ce n’était pas un simple balbutiement incompréhensible dans lequel elle retrouvait ces quelques lettres : hl plz... Parfois le personnage était poli ou l’avait un peu aidé, dans ce cas, elle ne rechignait pas à lui prodiguer les quelques maigres soins qu’elles pouvaient offrir, mais souvent, elle était elle-même dans un triste état et ne pouvait pas aider son camarade qui se faisait massacrer sous ses yeux.

Et un beau jour, Awen revint, toute souriante, un bel écusson à la main :

- A partir d’aujourd’hui, tu feras partie de la bleusaille de La Voie de Némésis. Au nom des guildiens, je te souhaite la bienvenue parmi nous.

Et ainsi commença une belle période pendant laquelle Angie arbora fièrement le blason des Némésis dans les caves de Payon. Et si par malheur un monstre venait à abîmer un tant soit peu le cher morceau d’étoffe, l’acolyte prenait un malin plaisir à le hacher menu... Non mais, on ne touche pas au grisbi, ils se croyaient où les mobs ? A la fête ? Non... C’était leur fête tous les jours que Dieu faisait, et Angie était le maitre de cérémonie...
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Re: Petites histoires longues

Message  Iliamn le Dim 28 Oct - 23:02

Nouveaux terrains de jeu

Les jours et les semaines passaient tranquillement pour la jeune acolyte. Parfois elle rencontrait des membres des guildes alliées, discutait un peu avec eux, mais ils ne restaient jamais longtemps dans le premier niveau des cavernes de Payon, ils étaient toujours de passage et les squelettes et autres zombies ne les intéressaient pas plus que ça.

Une taekwon girl venait régulièrement se battre aux côtés d’Angie et l’agrémenter de quelques lumières rouges après quelques monstres.

Angie prenait de la force à vu d’œil. Son frêle corps de jeune fille commençait à devenir celui d’une jeune femme à qui on réfléchissait deux fois avant de serrer une main de peur qu’elle ne se fasse broyer. Elle n’avait pas la carrure imposante de ses collègues apprentis Monk masculin ou de quelques Porteurs d’Epées, mais à son allure, à sa manière de toujours garder le buste droit, elle commençait à imposer le respect aux jeunes novices qu’elle croisait.

D’ailleurs, plus le temps passait et plus les « stp heal », « plz boost » et autres « tu veux grouper ? » ou « Machin veut devenir votre ami... » l’agaçaient... Elle n’avait pas le droit de flanquer une raclée à ses empêcheurs de s’entrainer correctement, et quand elle les ignorait, ils avaient le don de revenir à la charge et de la coller pire qu’une chauve-souris...

Elle gardait son calme, mais régulièrement, elle courrait se cacher dans l’échoppe du marchand à quelques pas de l’entrée de la caverne. Angie s’en était fait un ami et arrivait à marchander un peu le prix des objets qu’elle récupérait sur les cadavres des monstres qu’elle désossait. Elle avait réussi à amasser un joli pactole, mais ne dépensait rien : quand elle rentrait à Prontera, elle allait toujours donner une bonne partie de ses gains à l’Eglise.

Cruella, la Taekwon, insistait régulièrement pour qu’elles aillent jeter un oeil sur ce qui se passait au niveau suivant dans les cavernes. Angie voulait savoir elle aussi de quoi il en retournait, et, poussées par la curiosité, armées d’une masse et de leurs poings, elles franchirent le warp au fond du premier niveau. A première vue, rien de particulier, l’ambiance restait aussi sombre, aucun énorme monstre ne les attendait de l’autre côté. Les deux jeunes filles se rassurèrent et commencèrent à avancer.

Soudain un squelette armé d’une dague leur sauta sur le dos et commença à leur porter des coups assez impressionnants... La pauvre novice était en bien piteux état, mais elle n’avait encore rien vu. Un archer se tenait de l’autre coté du couloir et tirait des flèches tellement douloureuses qu’elles finirent par la mettre K.O. avant même qu’elle ne comprenne ce qui se passait.

Cruella sortie avec son amie dans les bras et alors qu’elles se reposaient devant l’entrée de la caverne :

Cruella : « Il va falloir se méfier des archers. Nous n’avons pas le pouvoir de détourner leurs flèches. Si seulement tu pouvais développer un Pneuma. »
Angie : « Kesséça ? »
Cruella : « Une sorte de bouclier magique. Quand tu rentreras à Prontera, renseigne toi là-dessus à la bibliothèque. Ca pourrait être intéressant. »

Le soir même, Angie courrait à la capitale. Et quand elle revint à Payon, son amie était partie en lui laissant un message : « I’ll be back. »

Angie travailla encore dans le premier niveau à l’éradication de la vermine jusqu’à avoir l’expérience nécessaire au développement d’une nouvelle magie. Et un beau jour, elle parvint à créer une lumière verte qu’elle n’arrivait pas encore à maitriser, ni à poser sur elle, mais elle y travailla directement dans le niveau supérieur de la cave quelques temps.

Enfin, elle pouvait se défendre un peu contre les archers qui étaient assez facile à massacrer. Toutefois, quand un soldat lui tombait sur le dos, elle reprenait ses bonnes vieilles habitudes et se remettait au sport national des acolytes : la course à pied...

Awen revint peu de temps après ça.

Awen : « Bon, il est temps que tu passes aux choses sérieuses. Je vois que tu as acquis un petit Pneuma, tu vas pouvoir te défendre un peu face aux Firelocks. »
Angie : « Aux Firelocks ? Au troisième niveau ? »
Awen : « Non, à Amatsu. »
Angie : « ... »

La jeune fille s’était toujours endormie sur les grimoires consacrés aux différents monstres peuplant le Royaume, ainsi que sur les livres de géographie. D’ailleurs, elle les considéraient comme de très bon somnifères lors de périodes d’insomnie.

Awen : « Suis-moi, je t’y emmène. »

Elle ouvrit un passage entre Payon et Amatsu et emmena avec elle la jeune acolyte. Après avoir récupéré un vieux parchemin qu’Awen lui conseilla de ne surtout pas perdre, Angie fut amenée dans un labyrinthe décoré de motifs bizarres. L’ambiance était beaucoup plus lumineuse que les caves de Payon et la présence de la Priest rassurait la jeune fille. Elle savait que quoi qu’elle fasse, Awen la surveillerait et la soignerait.

Awen : « Tu te consacres aux Firelocks et tu évites les Miyabi Dolls. »
Angie : « Reçu ».

Enfin elle se retrouva devant l’une de ces créatures armées et paniqua... Le Pneuma qu’elle posa, elle l’envoya à des mètres d’elle et se retrouva à la merci du mob sans qu’Awen ne puisse rien faire : en deux coups, Angie fut envoyée par colis express à l’entrée du labyrinthe...

Quand elle arriva à son niveau, Awen rigolait comme une dératée...

Awen : « Il va falloir que tu apprennes à te servir des Pneumas ma petite. »
Angie : « Oui, je le pense aussi... »

Elle rigolèrent quelques minutes ensemble, puis Awen raccompagna Angie à Payon.

Quelques semaines s’écoulèrent encore et la jeune acolyte avait enfin réussi à maitriser les pneumas entre des allés et venus Payon/Amatsu Amatsu/Payon. Elle ne passait jamais beaucoup de temps sur le nouveau territoire de chasse car elle s’y faisait rapidement mettre dans un piteux état.

Parfois la Priest venait avec elle, et parfois, c’était un membre des Némésis qui la suivait. Une assassine, bleusaille comme elle, mais diablement efficace : Anita Kramer. Silencieuse au possible, encore plus mystérieuse que Le Major, ses katars parlaient plus qu’elle. Et c’est ainsi qu’Angie découvrit les joies du massacre de Miyabi Dolls...

Jolies poupées de face, terribles démons de dos. Des matchs souvent ardus, mais tellement plus intéressants que les quelques coups et les deux pneumas qui venaient à bout des Firelocks...

Alors qu’Awen la suivait dans le labyrinthe, une nouvelle créature se présenta devant la jeune fille. Sans demander si elle pouvait où non s’en occuper, Angie couru après et commença à frapper quand la Priest lui cria : « ARRETE MALHEUREUSE ! ».

Et pouf... Elle se retrouva une fois de plus catapultée à l’extérieur du bâtiment. Et la malheureuse Awen en fit de même moins de 2 minutes plus tard...

Awen : « Quand tu vois cette bestiole, un seul conseil : cours. C’est un Shinobi. »
Angie : « Désolée. Je m’en souviendrais maintenant. »
Awen : « Bon, il m’aura eu cette fois-ci... Anita, quelle bonne surprise ! »

L’assassine venait d’apparaitre derrière nous.

Awen : « Il y a un Shinobi dans le premier dongeon, première section vers le milieu. Occupe t’en et méfie toi d’Angie, elle a tendance à cogner tout ce qui bouge au péril de sa vie. »

Après avoir fait un clin d’oeil à la jeune acolyte, la Priest repartie pour quelques temps. Et Anita resta pour aider Angie et désosser les Shinobis.

Les semaines et les mois passèrent. Anita ne venait plus guère aider l’acolyte qui passait son temps à Amatsu à courir après les Miyabi. Angie venait d’hériter d’un nom de guilde : Nikita... Certainement dû au fait que son cri de guerre était : « Moi voit, moi tue ».

Dans sa réserve, la jeune acolyte avait un œuf qu’on lui avait offert à Payon et qui l’intéressait au plus haut point. Après quelques recherches dans les grimoires de la bibliothèque de Prontéra, elle sut qu’elle avait un œuf de Drops et commença a rechercher quelques herbes jaunes pour pouvoir le nourrir. Elle avait déjà récupéré un incubateur sur un Eggyra et pu ainsi faire éclore l’oeuf.

Ainsi, Bubule était né. Mais Bubule refusait de répondre à son nom... Cela ne dérangeait pas Angie, trop heureuse d’avoir une ombre rose.

Désormais, sa vie se résumait à Amatsu et aux champs de Morroc où elle avait trouvé une plantation d’herbes jaunes.

Et puis un soir alors que le soleil déclinait sérieusement, une novice apparu au pied du dongeon alors qu’Angie s’y reposait. Cette silhouette... Cette démarche... Le Major était revenue !
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Re: Petites histoires longues

Message  Iliamn le Dim 28 Oct - 23:02

Jeune acolyte, tu deviendras monk

Depuis le jour où Le Major était revenue, tout s’enchaina à une vitesse folle.

D’abord, les deux jeunes filles étaient devenues les terreurs des Firelocks et des Miyabis. Elles s’étaient muées en deux massacreuses, bien que Le Major souffrait d’un léger défaut de force. Mais les deux amis n’en avaient cure, elles s’amusaient ensemble, et c’était tout ce qui comptait à leurs yeux.

Les Irons, Star Crubs, vieux kimonos tombaient à tour de bras dans les poches des deux acolytes, et leur expérience au combat n’en augmentait que plus vite. Combien de fois étaient-elles parties en courant quand un Shinobi montrait le bout de son nez…

Le dongeon qui était devenu tellement rébarbatif aux yeux d’Angie devenait un terrain de jeux sur lequel elle avait plaisir à jouer, au grand dam de ses occupants.

Awen veillait sur sa recrue d’un œil maternel. Elle prenait souvent des nouvelles de la jeune fille, mais ne se montrait plus guère, toute occupée qu’elle était à gérer La Voie de Némésis.

Par un matin d’été (Angie s’en souvient encore très bien, la chaleur commençait à devenir étouffante même à Amatsu), la Priest déboula auprès des deux acolytes qui se préparaient à aller occirent leur lot quotidien de Firelocks.

Awen : « Angie, nous préparons une expédition à Niflem. Tu viens avec nous voir de quoi il en retourne. Comme ça, tu verras des gros vilains pas beaux, des gentils archers, des priests efficaces… enfin, une priest efficace… des boites armées… Bref, tu verras un beau bo… heu pardon… un carnage. »
Angie : « Je vais me faire écharper oui… »
Awen : « C’est bien possible. C’est même très probable, pour ne pas dire certain. »
Angie : « J’arriiiiiiive ! »

En chemin, Awen récupéra une huntresse d’une guilde alliée, une certaine Milou (quel nom bizarre s’était-elle dit) qui était suivie comme une ombre par un faucon paisible.

Milou : « Salut la jeunesse. Prête pour te faire massacrer ? »
Angie : « Heu… »
Milou : « Tu as une bonne lessive ? »
Angie : « Gné ? »
Milou : « Le sang tache beaucoup, c’est pour ça que je te demande. Awen sait nous guérir, mais elle n’a pas encore trouvé le moyen de régénérer nos tenues. »
Angie : « … »

Et tout à coup, la petite sortie lui sembla moins attractive…

Le groupe s’étoffait au fur et à mesure qu’elles se rapprochaient de leur objectif. Deux hommes se joinrent à elles, un Priest du nom de Dusty qui avait l’air très très proche de Milou, et un Crusader répondant au doux nom de Recket et avec qui Milou se permettait des pitreries.

Awen souffla à Angie que Recket était le petit frère de la huntresse et que Dusty… bah elle n’allait pas lui faire un dessin.

Tout ce petit monde arriva donc à destination. Quelle destination mes aïeux… Un cimetière serait plus gai que cet endroit morbide… Bref, chacun prit sa dose de potions, de boosts, vérifia le bon état de fonctionnement de leurs armes respectives et trembla… heu, marcha vers la mort… heu, pardon, décidément… marcha vers les monstres.

ANGIE, COURS !
ANGIE, FAIS GAFFE !
ANGIE… trop tard…
AWEEEENNNNNN ! Résu s’il te plaît !
ANGIE, TAPE PAS LE BLOODY !
ANGIE… trop tard…
AWEEEENNNNNN ! Résu s’il te plaît !
Angie, essaie la Lolly, elle est sur moi.
Awen, la Lolly a changé de cible, résu s’il te plaît !

Beaucoup se seraient découragés, mais Angie s’éclatait comme une môme. Bon, d’accord, elle se faisait éclatée aussi, mais elle comprit très vite sur quels monstres elle pouvait taper sans problème. Les ennuis prenaient la forme de ce que Milou appelait des respawn. L’acolyte devina vite de quoi il s’agissait, avait le temps de crier : AW… et déjà, elle était au sol, écroulée (de rires).

Angie aimait bien Milou, la huntresse lui ramenait des copains régulièrement, mais le problème, c’est que les copains finissaient trop souvent dézingués après que l’acolyte eut joué un peu avec son Stunner… Mais Milou veillait au grain et apportait des Ludes, des Hillozoystes et autres Gibbets sur lesquels l’apprentie Monk se défoulait.

A la deuxième sortie, Awen tendit une ceinture à Angie.

Awen : « J’aurais peut être dû y penser plus tôt… »
Angie : « Gné ? » (c’était devenu l’une de ses expressions favorites qu’elle assortissait d’un regard de cocker implorant en plissant le front. Si si, c’est faisable, essayez ^^)
Awen : « Essaie, tu comprendras. »

L’acolyte eut la surprise de se rendre compte que cette ceinture la rendait invisible quand bon lui semblait…

Angie : « Moui… plus tôt hein ? »
Awen : « … »
Angie : « Awen, tu n’es qu’une espèce de… de… d’andouille ! Et je reste polie ! »

Tout le petit monde rigola un moment pendant qu’Angie courrait après Awen en lui promettant mille et unes misères.

Il y eut deux ou trois « sorties » entre eux 5 sur le même terrain, toujours dans la même ambiance détendue, franchement décalée et bon enfant.


Mais bon, comme je l’ai écris plus haut, on était en été, et les cimetières ça va 5 minutes, mais il faut aussi penser à son bronzage.

Et les trois jeunes femmes se rejoignaient donc désormais sur ces plages où des otaries et des loutres se prélassaient en courant après toutes sortes de personnes.

Angie n’avait le droit de taper que les mouettes et les coquillages, la moindre « baffe » des proies locales lui faisait tellement mal qu’elle l’envoyait valser à des lustres.

Les délires de Milou et d’Awen furent vite contagieux et l’acolyte devint accro à ces sorties ensoleillées.

Le Major était toujours à Amatsu, mais Angie n’y allait plus guère. Après tout, Le Major s’était bien absentée pendant longtemps, ça serait à elle maintenant d’attendre un peu.


Et puis un jour, pour d’obscurs raisons, Milou annonça qu’elle quittait sa guilde. Awen et Angie ne firent qu’un bond :

Awen & Angie : « Tu viens chez nous, c’est un ordre ! »

Et depuis, Milou est une némésienne active, efficace et dont la lessive est souvent dérobée par Angie.


Quand elle était seule, Angie retournait à Amatsu, mais depuis quelques temps, tuer les Firelocks devenait de plus en plus facile et de plus en plus rébarbatif.

C’est donc après avoir massacré toute une horde de tireurs d’élites, alors qu’elle était seule dans le dongeon, qu’une voix retentie :

Voix : « Votre attention s’il vous plait ! »

Angie s’assied donc sagement en tailleur dans un coin d’une salle.

Voix : « L’acolyte = Angie = est demandée pour son passage en classe 2 à St Capitolina Abbey ».
Angie : « C’est où ça ? »
Voix : « Tu n’avais qu’à suivre pendant les cours de géographie ! Débrouille-toi ! »
Angie : « Bon, c’est bon, je rentre à Prontera. »

En sortant du dongeon, elle croisa Le Major à qui elle annonça qu’elle était enfin prête pour sa quête de classe 2. La jeune fille ne fit ni une ni deux, elle la suivit.

Elles rentrèrent à Prontera où elles s’enfermèrent un moment dans la bibliothèque. Le seul bruit qui se faisait entendre retentissait quand Angie lançait une herbe jaune à son ami le Drops qui ne voulait toujours pas répondre à son nom.

Bref, après avoir apprit qu’il faudrait aller au Nord Est de la capitale, choisir entre la recherche de champignons et un marathon, pour enfin devenir Monk, les deux jeunes filles se mirent en route.

La marche fut des plus rapides, ce qui motiva Angie à choisir le marathon. Arrivées sur place, elles discutèrent avec bon nombre de personnes avant de pouvoir entrer dans le temple. Le Major resta à l’entrée pendant qu’Angie se mettait à courir.

C’est long 10 tours de stade… Mais pendant ces tours, Angie pouvait toujours parler à son amie et leur discussion était pour le moins instructive autant pour l’une que pour l’autre. L’avenir… quel sujet passionnant surtout vu sous certains angles…

Quand enfin les tours furent terminés, Angie retourna discuter avec un ou deux moines avant que l’un d’entre eux (dont elle avait oublié le nom) ne lui donne une nouvelle tenue ainsi qu’une nouvelle arme de type griffe.

Ca y était, Angie était Monkette…

A elle les WOE, les Asuras Strikes à tout va, les coups combos…

Awen lui rappela simplement qu’il lui faudrait passer pas mal de temps à s’entrainer avant de devenir une véritable monkette, mais cela n’entama pas sa détermination, d’autant que Milou la félicita chaudement et lui demanda quand serait-elle prête pour une WOE.

Ca y était, Angie était une grande maintenant. Enfin, elle avait tout d’une grande, sauf l’expérience, l’équipement, les attaques… Bref, elle allait se faire mettre en pièce avant de pouvoir lancer ses premiers Asuras contre des ennemis.
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Re: Petites histoires longues

Message  Iliamn le Dim 28 Oct - 23:04

Et maintenant, Undomiel

Une ombre légère se mouvait sur le tapis d’herbe qui bordait l’école des marchands d’Alberta. Elle ne semblait pas à l’aise, ne courrait pas vite, mais s’éloignait sûrement de l’internat. Ce soir, la jeune femme allait peut-être lever un voile sur ses origines...

Undomiel était une jeune femme réservée, solitaire que le métier de marchande rebutait, mais par lequel il fallait passer pour devenir celle qu’elle voulait être dans un futur qu’elle espérait proche. Ses camarades de classe la définissaient comme quelqu’un qui fuyait les contacts et la communication, comme quelqu’un à qui on n’adressait pas la parole sous peine des pires menaces et personne n’avait osé vérifier si les menaces pouvaient être mises à exécution.

On disait d’elle qu’elle avait été abandonnée à sa naissance parce que ses parents auraient été trop pauvres pour s’occuper dignement d’un nourrisson, qu’elle aurait été abandonné parce que sa naissance n’aurait pas été désirée, parce qu’elle aurait été trop laide, mais cet argument n’avait pas fait long feu, tout autant que la personne à l’origine de ce bruit...

Sauvage et farouche, tels sont les qualificatifs qui viennent à l’esprit des personnes qui croisent son regard. Mystérieuse aussi.

Toujours à chercher qui pouvaient être ceux qui l’avaient laissé alors qu’elle n’avait que quelques heures, sur le parvis d’un couvent, aux bons soins des sœurs qui logeaient là. Sa plus tendre enfance, elle la passa dans ce couvent, aux cotés de celles qui l’avaient toujours soignée, aimée, éduquée. Quand l’internat fermait pour les vacances scolaires, c’est toujours là qu’elle revenait, et c’est cette petite cellule avec une vue sur la capitale Prontera, qu’elle qualifiait comme son « chez elle ».

Les sœurs avaient bien tenté de savoir qui pouvait être la mère de cette enfant si jolie, mais leurs recherches de l’époque furent vaines. Il faut dire qu’il y avait et qu’il y a toujours beaucoup de maisons à l’écart de la capitale, perdues dans la campagne. Et aucun indice ne laissait penser à une caste en particulier : emmaillotée dans un linge propre, l’enfant était nue quand elle fut trouvée, aucun bijou, aucun mot des parents, rien. Rien d’autre que cette enfant qui gazouillait par un beau matin de printemps devant une porte.

Son enfance ne fut pas malheureuse, loin de là. Elevée dans les valeurs et les codes de la Sainte Eglise, parmi les jeunes filles de bonne famille à qui les sœurs tentaient d’inculquer une éducation digne de leurs rangs. Mais ces enfants retournaient toujours dans leur famille au bout de quelques années et c’est ainsi qu’Undomiel devint une solitaire.

Vive d’esprit, peu bavarde, elle ne craignait pas les tâches les plus ardues. De constitution un peu plus faible que les autres enfants, elle ne prenait jamais part à leurs jeux et restait toujours à les regarder jouer à la guerre. Ses magnifiques yeux bleus ne se levaient que rarement des livres qu’elle aimait lire. On la trouvait souvent soit à la grande Bibliothèque de la capitale, soit dans celle du couvent.

Elle avait commencé à vouloir retrouver ses origines à partir de 11 ans, du jour où elle en parlant avec l’une des jeunes filles du couvent, elle avait compris le concept de la famille. Un père, une mère et au moins un enfant, tel devait être le schéma d’une famille. Elle avait commencé à poser des questions aux sœurs qui ne savaient rien de ses parents, puis elle questionna les personnes qui entraient au magasin du couvent.

C’est là qu’elle apprit à ses dépends ce qu’est la méchanceté humaine. Les premières personnes à qui elle avoua chercher ses parents furent sincères et touchées par ce petit bout de bonne femme pas plus haut que trois pommes qui se posaient des questions d’adulte. Mais personne ne savait d’où elle pouvait venir.

Dans la ville, certains se mirent à parler de cette jeune fille qui vivait au couvent et qui avait été abandonné à sa naissance. Une dame qui n’avait rien d’autre à faire qu’à se laisser vivre au gré de la fortune familiale, vint un jour rendre une visite aux sœurs afin d’acheter le précieux miel qu’elles fournissaient.

Undomiel, comme à son habitude, héla la dame à sa sortie du magasin :

Undomiel : « Bonjour Ma Dame. Je suis née il y 11 ans, au printemps et je cherche mes parents. Les connaitriez-vous ? »
La dame : « Il y a 11 ans dis-tu ? Hum… J’ai bien connu une jeune femme à cette époque, mais cela m’étonnerait qu’elle souhaite te retrouver si elle est bien ta mère. »
Undomiel : « Excusez moi pour mon impudence, mais pourriez-vous s’il vous plait me dire qui était cette femme et pour quelle raison elle ne souhaiterait pas retrouver son enfant ? »
La dame : « Qui voudrait d’un enfant souillon qui vit chez des bonnes sœurs ? Et puis si ta mère t’a abandonné, c’est qu’elle avait ses raisons, sans doute qu’elle ne voulait pas d’une fille fragile, mais un garçon fort. Ou alors ton père ne voulait plus d’elle après en avoir profité ! »
Undomiel : « Ma Dame, vous êtes bien méchante avec une enfant. Au moment de votre Jugement, Dieu saura certainement s’en souvenir. »
La dame : « Mais bien sûr… J’en tremble d’avance. »

Elle pleurait silencieusement, des larmes roulaient sur ses joues pâles. Sœur Apolline qui avait découvert l’enfant, était au magasin ce jour-là. Elle était plus proche de la petite que n’importe quelle autre des sœurs.

Sœur Apolline : « Undomiel, cette femme crache du venin aussi facilement que tu respires. Il ne faut pas croire ce qu’elle vient de dire. »
Undomiel : « Je le sais bien Apolline, mais je n’ai rien à quoi m’accrocher, pas un indice sur mes origines, rien… Pourquoi mes parents m’ont-ils abandonné ? Qui sont-ils ? Sont-ils toujours vivants ? »
Sœur Apolline : « Ils sont toujours en vie bien sûr. Dans ton cœur, ils le seront toujours mon enfant. »

Depuis ce triste jour, Undomiel se contentait de servir au magasin. Puis elle est entrée à l’école des marchands. Non pas que la vente était le métier auquel elle se destinait non, elle voulait devenir une alchimiste. Elle avait lu les récits de la célèbre Marina Blupot et mourrait d’envie de pouvoir à son tour déchiffrer les mystères des plantes, créer des acides capables de percer les plus solides armures…

Mais avant de pouvoir réaliser son rêve, il lui fallait suivre les cours de commerce délivrés par l’école des Marchands d’Alberta. Ses camarades de classe venaient de tous les horizons, beaucoup avaient des grands frères ou des grandes sœurs connues dans tout Rune Midgard et rêvaient eux-mêmes de pouvoir leur confectionner des armes dignes de ce noms, ou des potions capables de leur redonner force et courage.

Undomiel n’avait ni frère ni sœur à qui venir en aide, et personne qui ne pourrait l’aider à apprendre plus vite son premier métier. Undomiel était une solitaire obstinée qui avait un but à atteindre… Devenir alchimiste…

Pour l’heure, elle sortait donc de l’internat en pleine nuit, bravant l’interdit des sorties nocturnes, risquant de se faire expulser de l’école. Mais le jeu en valait la chandelle… Peut être que cette nuit elle allait enfin avoir un premier indice valable sur ses origines.

La jeune femme avait passé sa matinée à récolter des herbes qu’elle conservait précieusement dans son cart. Et dans l’après-midi, elle était allée s’installer parmi les jeunes vendeurs sur l’une des places d’Alberta, cette fameuse place où les alchimistes venaient acheter les bases de leurs potions les plus simples.

Une vieille femme était passée par là, courbée sous le poids des ans. Elle cherchait des herbes blanches qui lui redonneraient un peu de santé. Et Undomiel en avait une bonne quantité. Elle préparait le colis que la femme était en train de payer quand leurs regards se croisèrent.

La femme bégaya quelques secondes, avant de parler normalement :

La femme : « Si tu es celle que je crois, tu as bien les yeux de ta mère… »
Undomiel : « Que dites-vous Ma Dame ? Vous savez qui est ma mère ? Ce n’est pas une farce ou une moquerie ? »
La femme : « Ces yeux-là ne peuvent être que ceux de Lydiane… »

Sa voix se brouilla ainsi que ses yeux.

Undomiel : « Est-ce que ça va ? Ma Dame ? Vous êtes toute pâle ! »
La femme : « J’ai… j’ai besoin d’un remède chez moi… Soit ici dans 6 heures… J’y serais. »

Il était minuit et la jeune femme arrivait sur la place en question. Les rues étaient désertes, quelques chats se faufilaient ici et là et l’un d’eux alla se frotter aux jambes d’une vieille dame assise sur un banc public.

Undomiel serra très fort dans sa poche, le rosaire que sœur Apolline lui avait un jour offert. Elle priait pour que ce ne soit pas encore une mauvaise blague.

Undomiel : « Comme promis, me voilà. »
La femme : « Ponctuelle. C’est bien jeune fille. De nos jours, plus guère de jeunes ne le sont… »
Undomiel : « Savez-vous réellement qui je suis ? »
La femme : « Oui je le sais. Assied-toi à coté de moi, je vais t’en dire plus. »

Et la jeune marchande s’exécuta.

Lydiane était une jeune femme qui avait été élevée par la vieille dame, une ancienne alchimiste qui désirait transmettre son savoir avant de s’éteindre. La jeune apprentie étudiait avec volonté et passion, mais n’oubliait pas de sortir souvent avec ses amis. C’est ainsi qu’elle avait fait la connaissance d’un archer qui souffrait d’une peine de cœur. Se méprenant sur ses sentiments, il avait cru tomber amoureux de la belle jeune femme qui n’avait d’yeux que pour lui. Un mariage avait même été envisagé entre eux.

Mais un jour, alors que Lydiane allait lui annoncer une grande nouvelle, l’archer lui dit simplement qu’il allait rentrer chez lui, retrouver celle avec qui il s’était embrouillé avant de partir et l’épouser.

La jeune femme en eut le souffle coupé à un point tel qu’aucun son ne pu sortir de sa bouche alors que son cœur se déchirait.

Quelques mois plus tard, elle mettait au monde un bébé, sans que le père de l’enfant ne sache quoi que ce soit. Elle n’avait pas souhaité courir après celui ne l’avait jamais vraiment aimé. Elle voulait garder tout son amour pour l’enfant qui allait naître.

Mais l’accouchement ne se passa pas si bien que prévu. La vieille femme ne pu rien faire pour sauver la jeune maman, pas plus que le médecin dépêché de toute urgence. La vieille femme ne se sentait plus la force de s’occuper d’un jeune enfant, c’est pourquoi elle l’avait déposé devant le couvent le plus proche, parce qu’elle savait qu’ici, on saurait l’entourer d’attention et d’amour.

Elle avait toujours regretté son geste, mais aujourd’hui qu’elle voyait enfin ce qu’était devenu le bébé qu’elle avait abandonné, elle n’avait plus de remords. Elle savait qu’elle avait eu raison.

Elle tendit un sac de toile à Undomiel qui fut surprise du poids de la chose.

La femme : « A l’intérieur de ce sac, tu trouveras les notes de Lydiane. Elle était prête à passer son diplôme d’alchimiste et je sais qu’elle y serait parvenue sans problème. Ces notes te reviennent, ne les perd pas, elles sont ton seul héritage. »
Undomiel : « Comment vous remercier ? »
La femme : « En marchant sur les pas de ta mère. »
Undomiel : « Connaissez-vous le nom de mon père ? »
La femme : « Oui je le connais. Mais cela fait longtemps qu’il est lui-même décédé. La femme qu’il a épousé est morte il y quelques années. Mais ils ont eu une fille qui est entrée au service de l’Eglise. Aujourd’hui, cette jeune femme est monk, tu la trouveras quelque part aux abords de Yuno aux prises avec des monstres de sable. »

La vieille femme se leva du banc.

La femme : « L’été approche à grands pas. Je crois que je vais profiter un peu de cette douce soirée avant de rentrer chez moi. »
Undomiel : « Pourrais-je vous revoir ? »
La femme : « Si Dieu le veut. Adieu ma petite. »

La jeune femme resta assise longtemps sur ce banc avant d’ouvrir le sac de toile. L’écriture sur les carnets était fine et sûre, mais les lampadaires constituaient de bien mauvaises sources de lumière.

Elle rentra doucement à l’internat, se glissa jusqu’à son lit et sombra dans un sommeil sans rêves. Il ne restait plus qu’une semaine avant les congés scolaires de la belle saison, ce qui signifiait qu’il ne restait plus qu’une semaine avant qu’Undomiel puisse partir à la découverte de Yuno et de ses abords…

En arrivant au couvent quelques jours plus tard, Undomiel alla parler de sa découverte à sœur Apolline qui lui apprit que la vieille femme avait été mise en terre la veille.

Equipée d’un couteau léger, du sac de sa mère et de son propre sac à elle, la jeune femme prit le dirigeable d’Alberta dès le début de ses vacances, direction Yuno. Là-bas, elle découvrit une ville bizarre où les couleurs bleue et verte de sa jeunesse n’existaient plus. Elle marcha longtemps avant de s’arrêter devant un petit plan d’eau où elle se rafraichit en peu. Elle y fit une pause, mais fut vite tirée de sa torpeur par des cris :

Voix : « Vous allez crever espèces de sales mobs, oui ? »
« Tu m’as sali toi ? Tu m’as sali ?! Ah ben t’es mort nah ! »

Un bruit de course et de pas venait dans sa direction, Undomiel se leva et vit une jeune femme débouler en courant avec 3 tas de sables qui l’attaquaient.

Voix : « Reste pas là gamine, tu n’es pas de taille contre eux. »

En quelques coups, la femme en tenue rose vint à bout de ses assaillants et alla s’asseoir à coté de la jeune femme.

Voix : « Qu’est ce que tu fais là toi ? Tu as été warpé ici par erreur ? »
Undomiel : « Je cherche une monk dont le père était archer. »
Voix : « Et que lui veux-tu à cette monk ? »
Undomiel : « Je la cherche, qu’est ce que cela peut te faire ? »
Voix : « Oh hey, me casse pas les pieds gamine, si tu veux que je t’aide dans ta recherche, donne moi des billes, sinon tu peux te brosser. »
Undomiel : « Je la cherche pour des raisons personnelles. On m’a dit qu’elle devait trainer dans le coin, que son père était archer mais décédé depuis longtemps et que sa mère serait morte il y a quelques années. C’est tout ce que je sais d’elle. »
Voix : « Y’a pas mal de monk qui trainent dans le coin comme tu dis, mais rares sont les monkettes. Mon père était hunter, pas un simple archer. Et j’ai comme l’impression que c’est moi que tu cherches. Quel est ton nom ? »
Undomiel : « Undomiel. Ton père était également le mien. »
Voix : « Qu’est ce que c’est que cette mauvaise blague ? Quel âge as-tu ? »
Undomiel : « J’ai eu 20 ans il y a 4 mois. »
Voix : « Et moi je vais les avoir dans 6 mois… Je sais que mes parents m’ont eu aussitôt leur mariage, mais serait-ce possible que tu soies née avant ? Explique-moi ce que tu sais. »

Et Undomiel lui raconta ce que la vieille femme lui avait dit quelques semaines plus tôt. Puis elle eut une idée et sortit l’un des carnets de sa mère et montra un dessin griffonné des années auparavant à la monkette.

Voix : « C’est bien mon père. Il est mort alors que j’avais 5 ans, mais je me souviens bien de son visage… Si j’avais su… »
Undomiel : « Alors c’est bien toi… Tu es ma sœur… »
Voix : « J’ai une sœur… Waou, si on m’avait dit… Undomiel… moi c’est Angie. »

Les deux femmes restèrent un moment à parler d’elles, du passé, de leurs projets et se promirent de rattraper le temps perdu. Il restait encore beaucoup de chemin à Undomiel pour réaliser son rêve, mais Angie lui assura qu’elle l’aiderait. La jeune femme savait maintenant qui elle était et cela la rendit plus forte, plus sûre d’elle. Elle deviendrait alchimiste pour atteindre son but, mais aussi pour venir en aide à sa sœur… Comme beaucoup d’autres alchimistes…
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Re: Petites histoires longues

Message  Iliamn le Dim 28 Oct - 23:04

Demain… Demain sera le jour où la jeune Undomiel ira passer son examen pour devenir alchimiste.

Depuis qu’elle était rentrée de ses vacances d’été passées avec sa sœur Angie, elle n’avait eu de cesse de progresser dans toutes les matières, sauf en relations humaines… Elle était une bien piètre marchande vis-à-vis des tiers, mais extrêmement tenace avec les marchands confirmés.

Sa sœur lui avait mit le pied à l’étrier et avait été le déclic qu’il fallait à la jeune femme pour donner un sens à son existence.

La monkette avait mit son entrainement personnel de côté pour s’occuper d’Undomiel, pour voyager un peu avec elle, pour la découvrir et lui raconter son enfance. Même si elles n’avaient pas eu la même mère, la jeune marchande prenait plaisir à écouter les récits de cette vie familiale et elle buvait littéralement les souvenirs qu’Angie avait de leur père.

Leur ressemblance physique n’était pas ce qu’on pouvait qualifier de frappante. Si l’une avait des épaules dignes d’une armoire à glace, l’autre était beaucoup plus chétive, mois endurante. D’ailleurs le jour où Angie mit une hache dans les mains d’Undomiel, celle-ci s’écroula sous le poids de l’arme et faillit succomber aux attaques d’un Poring qui passait par là…

Cet été là avait été une vie de bohème qu’Undomiel ne connaissait pas jusqu’alors. Habituée au calme et à la sécurité du couvent, la voilà sur les routes, à dormir dans un ballon dirigeable en route vers une contrée où la verdure n’existait plus, puis le lendemain, elle grelotait sous la neige d’un pays où les paquets cadeaux faisaient légions.

D’ailleurs Angie avait passé un certain temps dans une usine pendant que la jeune femme attrapait un rhume carabiné à l’extérieur. Soit disant qu’il y avait des monstres roses à l’intérieur qui aurait pu l’attaquer et la blesser. Mais Undomiel avait arrêté de croire les élucubrations de sa sœur quand celle-ci lui parla d’un Poring géant et d’un autre qui portait des petites ailes blanches… Mais bien sûr… Et la marmotte ? La marchande soupçonnait sa sœur de s’être faite arnaquée par un vendeur pour les 7 perles qu’elle lui avait rapporté, mais pour un cadeau, s’était un cadeau de taille… Avec ça elle allait pouvoir changer son vieux cart en ferraille contre un autre en jolis rondins de bois.

Mais de cart, il n’en était point question pendant ces vacances. Undomiel l’avait laissé bien sagement rangé dans sa cellule monacale avec ses livres de cours. Les seules choses qu’elle avait prises avec elle étaient le sac renfermant les notes de sa mère ainsi que son propre sac contenant ses propres observations.

A l’inverse de sa sœur, la jeune marchande avait un bon sens de l’orientation et profitait régulièrement du personnel de la Kafra Corp pour les indications de voyage, bien qu’elle avoue volontiers que cela lui coute toutes ses économies.

Pendant le mois d’aout, Angie présenta sa sœur aux membres de sa guilde. La Voie de Némésis était constituée de personnes toutes à moitié barrées selon les dires d’Undomiel, mais tout le monde était aimable et plaisant. Etait-ce le fait de son lien de parenté avec la monkette rose qui lui épargna toute sorte de quolibets, ou son regard pas franchement avenant avec quiconque la cherchait un peu trop ? Quoi qu’il en soit, Undomiel fut adoptée à l’unanimité par la guilde, et Awen, la priest-panzer-commander, l’intégra dans cette grande famille.

C’est donc en arborant fièrement le blason des Némésis, mais le cœur lourd de devoir se séparer de sa sœur et de cette famille qu’elle avait rencontré, que la jeune marchande reprit le chemin de l’internat d’Alberta.

Elle recevait souvent des nouvelles d’Angie et des guildiens par toute sorte de moyens possibles et imaginables. Pigeons voyageurs, service postal, mais le Lunatic porteur de courrier, alors là, il fallait quand même que sa sœur ait l’esprit complètement à l’ouest pour lui envoyer un lapin… Undomiel avait longtemps rigolé de cette farce, mais avait adopté le petit animal qui, il fallait l’avouer, était bien utile dans les taches de jardinage de la jeune femme.

Elle travaillait dur pour obtenir son diplôme d’alchimiste. Souvent présente à la bibliothèque de l’école, ses lectures avaient pourtant changées. Au lieu des livres habituels que tout étudiant consultait, elle se plongeait dans les écritures de sa mère. Pas plus âgée qu’elle quand elle avait griffonné ces notes, Undomiel s’étonnait toujours de la perspicacité de cette femme qui préparait son diplôme d’alchimiste alors même qu’elle attendait un enfant. Peut être était-ce cela qui lui avait donné la maturité et le recul nécessaires pour comprendre les mécanismes des potions et les réactions chimiques.

Parfois, tard le soir, alors qu’Undomiel étaient aux portes du sommeil dans la bibliothèque, une silhouette apparaissait devant ses yeux fatigués et semblait tourner les pages d’un livre imaginaire et pointer du doigt une formule que la jeune femme cherchait en vain jusque là.

Le soubresaut qu’elle avait systématiquement quand elle recouvrait ses esprits, faisait disparaître la forme fantomatique, mais la jeune marchande savait alors dans quel livre il lui fallait chercher la solution qu’elle recherchait.

Sa mère ? La vieille femme décédée juste après lui avoir révélé son histoire ? Undomiel ne savait pas laquelle des deux lui venait en aide. Jamais elle ne parlerait de ces apparitions, ne sachant pas si c’était son esprit qui travaillait malgré elle, ou si c’étaient les esprits de ces deux femmes qui travaillaient pour elle…

Et puis en plein mois de janvier, alors que l’hiver faisait rage et qu’Undomiel avait revêtue bonnet et mitaines pour affronter les rigueurs des éléments sur la place du marché, elle eut la surprise de trouver sa sœur, errant comme une âme en peine en plein Alberta.

Elle ferma aussitôt sa boutique, coupant court à des négociations portant sur le prix des blue potions qu’elle proposait, elle attrapa le capuchon d’Angie et la traina dans une auberge.

La monkette était frigorifiée… Vêtue des simples corsage, corsaire et cape à capuche qu’elle avait porté tout l’été, elle n’avait pas prit la peine de se couvrir un peu plus chaudement pour la saison.

Undomiel l’installa devant l’âtre de la cheminée dans lequel brûlait un énorme rondin de bois. Elle commanda deux boissons chaudes et glissa un billet à l’aubergiste afin que celui-ci glisse à son tour quelques goutes de ce qu’il avait de plus fort comme alcool, dans le bol destiné à la monkette.

Elle regarda sa sœur qui commençait à reprendre des couleurs. Elle tremblait toujours, comme si elle avait subit un choc. C’était à peine si elle hocha la tête pour remercier l’aubergiste qui lui servait un café spécial.

Angie gardait les mains autour de sa tasse, comme si elle cherchait à les réchauffer. Peut être était-ce là le premier signe de son retour à la vie.

En tout cas, le second signe fut on ne peut plus radical… Elle porta le café à ses lèvres, mais ne se rendit pas compte qu’il n’avait pas une odeur de simple café.

Angie : « Pouahhhhhh ! Mais c’est quoi ça ? »

Les autres personnes présentent dans l’auberge sursautèrent en chœur… pendant que la jeune marchande arborait un sourire satisfait.

Angie : « Qu’est ce que tu as fait mettre dans ce café ? »
Undomiel : « A dire vrai ? »
Angie : « Oui ! »
Undomiel : « Ben à dire vrai, je ne sais pas… Un truc fort et alcoolisé pour te réveiller. »
Angie : « Bougrement efficace ce truc ! »

Elle but une grande gorgée du breuvage qui finit de lui rendre ses couleurs.

Undomiel : « Tu m’expliques pourquoi tu étais dans cet état ? »
Angie : « Le Roi a négocié la paix avec toutes les catégories de monstres du royaume, et a imposé aux guildes de quitter les châteaux qu’elles tenaient. »
Undomiel : « Mais c’est génial ! Ca veut dire qu’on vivra en paix maintenant ! Je ne comprends pas pourquoi ça t’a mis dans un tel état. »
Angie : « C’est simple. Paix égal aucun monstre. Plus de monstre, plus personne pour les exterminer. Chômage… Pour moi comme pour toi.»
Undomiel : « Comment ça pour moi aussi ? Toi je comprends, mais je ne vois pas pour moi. »
Angie : « A quoi serviront les potions qui redonnent les pouvoirs magiques aux combattants, s’il n’y a plus de combattants. Et quel homonculus feras-tu apparaître si les monstres gentils sont au paradis ? »

Du coup, c’était Undomiel qui tombait sous le choc de la constatation… L’avenir qu’elle avait mit tant de temps et tant de conviction à préparer, tombait tout simplement à l’eau… Tout ça parce que le Roi aspirait à une vie de paix.

Angie : « Il me reste encore de cette décoction que l’aubergiste ose qualifier de café… En veux-tu ? »

Le sourire revenait aux lèvres des deux sœurs.

Undomiel : « Qu’allons-nous devenir ? Que va devenir la Voie de Némésis ? »
Angie : « Pour l’instant, il y a des manifestations un peu partout dans le royaume dans le but de faire pression sur le gouvernement pour qu’il brise le pacte, mais je n’ai pas l’impression qu’il va revenir sur sa parole. Tout Némésis désespère. Certains attendent le retour de l’ancien temps chez eux, d’autres sont déjà partis dans les royaumes voisins… Pour ma part, j’ai été voir ce qui se passait dans le Royaume d’Héliopolis, mais ils ne parlent pas la même langue que nous et leurs système d’entrainement est différent. Il faudrait tout reprendre de zéro. Je me demande si j’en aurais le courage, même si la population m’a l’air plutôt sympathique… »

Elles restèrent dans l’auberge à discuter entre elles encore plusieurs heures. Il était bien tard dans la soirée quand Undomiel rentra à l’internat. Elle affronta la responsable du dortoir quand elles tombèrent nez à nez dans un couloir et arrêta le flot de remontrances en rappelant qu’elle était majeure et donc qu’elle pouvait faire ce qu’elle voulait de son corps. La mégère prit un air surpris avant de s’effacer en grommelant une suite incompréhensible de mots où seuls « couvent » et « dévergondée » furent à peu près décryptable.

Undomiel se fichait pas mal de ce qu’on pouvait penser d’elle et décida de sécher les cours du lendemain pour rendre une petite visite à Sœur Apolline, celle qui l’avait élevée au couvent.

Alors que les autres internes attrapaient leurs livres de cours, la jeune femme prenait ses gants, son bonnet et son écharpe et prenait la direction du couvent où elle avait grandi. Sœur Apolline l’accueillie à bras ouverts et lui assura que si l’internat la contactait pour lui signifier l’attitude de sa petite protégée, elle n’en tiendrait pas rigueur. Aux yeux de la jeune femme, la sœur était une sainte.

Undomiel lui raconta ce que sa sœur lui avait apprit la veille et cela n’étonna pas la femme d’église.

Sœur Apolline : « J’avais entendu dire que le Roi était de plus en plus effacé et qu’il aspirait à plus de sérénité dans son royaume, mais de là à conclure un pacte avec toutes ces forces du mal… »
Undomiel : « Vous qui avez toujours été de bon conseil, que me conseillez-vous de faire pour mon avenir ? Dois-je suivre ma sœur et tenter ma chance dans un autre royaume ? Ou dois-je continuer mes études pour obtenir un diplôme qui ne vaut plus rien ? »
Sœur Apolline : « Je pense que tu devrais passer du temps avec ta sœur. Ca ne pourra pas te faire de mal d’apprendre ce qu’elle sait, et ça ne pourra que vous rapprocher l’une de l’autre. Et si tu penses au fond de ton cœur, qu’il serait judicieux de partir dans un autre royaume, alors vas-y. Tu as toujours les notes de ta mère, elles s’appliqueront à toutes les circonstances. »
Undomiel : « Pensez-vous que le Roi reviendra sur sa décision ? »
Sœur Apolline : « Sincèrement je ne pense pas. A moins qu’il n’abdique, je ne vois pas d’autre solution. »

La jeune femme rentra à l’internat pour récupérer ses affaires, écrivit une lettre à l’attention du directeur de l’établissement et la glissa dans la boite à lettres pleine à craquer, devant l’école. Des parents venaient chercher leurs enfants, de jeunes adultes sortaient avec leur sac à l’épaule… L’internat se vidait de ses résidents.

Undomiel retrouva Angie à l’auberge où celle-ci était en train de déjeuner, un sac à ses pieds. Elle lui expliqua qu’elle avait prit le temps de faire des emplettes et d’acheter des vêtements plus adéquats à la saison. La jeune marchande lui fit part de son souhait de vouloir la suivre et la monkette n’y opposa aucune objection.

La seule condition pour Angie, était de passer par la ville de Payon pour acheter un stock de jus de carotte. Elle montra alors à sa sœur, ce qu’elle cachait dans l’une des poches de sa cape : un Lunatic semblable à celui qu’elle lui avait fait parvenir.

Angie : « Il s’appelle Bestiole et il me suit un peu partout. Je l’adore cette boule de poils, même s’il ne fait rien de bien utile. »

La jeune marchande fut un peu surprise, mais souleva la bâche qui recouvrait une partie de son cart. A l’intérieur, le Lunatic porteur de courrier.

Undomiel : « Je n’ai pas pu m’en séparer. Elle s’appelle Luna. Mais elle m’aide bien dans mes travaux de jardinage. »
Angie : « On n’est pas sœur pour rien ! »

C’est dans un éclat de rire qu’elles sortirent de concert de l’auberge, l’une avec un sac sur l’épaule, l’autre avec deux sacs gibecière et un cart en rondins de bois.

Après avoir récupéré un stock de jus de carottes pour leurs mascottes, elles prirent la route vers le royaume d’Héliopolis. Elles passèrent par les champs de Yuno où Angie avait l’habitude de sévir contre des tas de sable, mais là rien. Pas un grain de sable mouvant, pas même une plante carnivore… Qu’à cela ne tienne, elles continuèrent leur route.
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Re: Petites histoires longues

Message  Iliamn le Dim 28 Oct - 23:05

Mais à la frontière des deux royaumes, on leur demanda de se défaire de leur équipement. Adieu les fists et la masse de la monkette, adieu la dague acérée de la marchande… Mais quand le douanier leur demanda de laisser aussi leurs Lunatics, ce fut un déchirement. Elles s’étaient habituées aux mimiques de leurs charmants lapins. Luna avait même commencé à apprendre à Bestiole comment aider sa maitresse pour arracher des plantes.

Le douanier informa les deux sœurs que leurs animaux seraient gardés et bien soignés jusqu’à leur retour, mais la séparation ne serait-ce que temporaire, leur faisait bien mal au cœur.

Puisqu’elles devaient se défaire de tout leur passé, elles avaient décidé d’un commun accord qu’elles changeraient d’identité dans le nouveau royaume. C’est sous des vêtements masculins qu’elles firent leurs premiers pas sur ce territoire étrange et très peu peuplé. La population était amicale et peu avare d’aide.

Leurs formations les éloignèrent encore une fois l’une de l’autre, Angie restait à proximité du sanctuaire de la capitale, et Undomiel s’était établie non loin de la cité marchande. Elles s’envoyaient régulièrement des courriers, mais la jeune marchande se rendait bien compte que sa sœur avait du mal à se faire à sa nouvelle vie. Sans son équipement, elle semblait perdue.

Undomiel découvrit une guilde dont les membres lui paraissaient sympathiques. Elle postula donc chez eux, la solitude lui étant devenue pesante. Une bonne ambiance régnait chez ceux qui s’appelaient les Conspirateurs. Personne ne s’y prenait au sérieux et beaucoup offraient leur aide au jeune marchand énigmatique qui parlait peu, mais qui avait reconnu l’une de ses anciennes co-guildienne parmi cette nouvelle guilde.

Tout était à faire, mais après tout, Undomiel n’était pas encore allée très loin dans son apprentissage. Bien sûr que le bouclier et la damascus que sa sœur lui avait prêté lui manquaient… Horriblement même. Le cure dent qu’elle avait acheté dans la capitale ne lui était pratiquement d’aucune utilité et elle ne pouvait pas encore louer de cart pour la simple et bonne raison qu’ils étaient beaucoup plus lourds ici et qu’il lui faudrait beaucoup plus de force dans les bras pour pouvoir se déplacer à une vitesse normale.

Mais elle s’accrochait et espérait même devenir alchimiste avant que sa sœur puisse à nouveau devenir monkette. Elle pourrait ainsi l’aider dès ses débuts et peut être lui faire économiser quelques précieux zénys.

Au sein de sa nouvelle guilde, Undomiel n’entendait pas parler des évènements qui secouaient encore le royaume du Roi Arcadya. Mais Angie, elle, suivait tout ce qui pouvait s’en dire. Rapidement, elle entendit une rumeur selon laquelle le Roi pourrait abdiquer. Ne voulant pas faire espérer sa sœur pour rien, elle ne lui en fit pas part.

Et puis un jour, elle croisa la route d’une personne qu’elle avait bien connue, la priest Awen. Elle rayonnait de bonheur, un nouveau Roi avait été nommé et le pacte conclu avec les forces du Mal, avait été rompu. Elle espérait même pouvoir accéder aux plus hautes sphères parmi les meilleurs combattants : elle allait terminer sa carrière de priest pour devenir High Priest… Des heures, des semaines, des mois de travail allaient lui être nécessaire, mais elle avait la volonté de rejoindre deux des membres fondateurs de la Voie de Némésis.

Angie vivait donc désormais à la frontière des deux royaumes, mais ne faisait toujours pas de pas vers son ancienne patrie. Awen lui racontait ce qui s’y passait et cela lui suffisait amplement. A travers les courriers que lui envoyait sa sœur, elle pensait qu’Undomiel avait trouvé sa voie dans le royaume d’Héliopolis.

Et puis un jour, Awen changea de ton vis-à-vis de l’une de ces personnes qu’elle voulait rejoindre au sein des meilleurs combattants. Il semblait qu’on l’avait dupé, que cette personne était devenue une machine froide. Mais ce qui avait le plus marqué la priest, c’était que l’autre personne s’était mis en travers d’une explication qui aurait été nécessaire.

Awen reprit donc les fonctions qui avaient fait d’elle une terreur, et ôta son blason Némésis pour rejoindre une guilde ô combien puissante et pourtant peu peuplée : les Raise of Heaven. Sous leur bannière, elle venait en aide à de puissants guerriers et semait le trouble dans les rangs de ceux qui furent ses alliés.

Angie se décida alors à envoyer un courrier à Undomiel pour lui expliquer la situation :

Petite sœur,
Le Roi Arcadya a abdiqué il y a quelques semaines, c’est aujourd’hui le Roi Agora qui règne sur notre royaume natal.
La Voie de Némésis, la guilde que je chérie tant, part à volo. Awen n’est plus notre supérieure, elle est partie chez ces personnes qui ont un accent bizarre, les Raise of Heaven.
J’ai bien envie de les rejoindre à mon tour et d’aider celle qui m’a guidé à mes débuts. Elle a quelques démêlés avec les anciens fondateurs de la VdN, et je ne peux la laisser les affronter sans mon aide.
Oh bien sûr, elle pourrait se passer de moi, je ne suis pas encore très forte, mais je n’arriverais plus à dormir si je ne faisais pas ça pour elle.
Tu es libre de rester ici, au Royaume d’Héliopolis, ou de me suivre. Mais sache que si tu me suis, et que tu m’y vois sous des couleurs plus sombres, il n’empêche que je reste une Némésis au fond de mon cœur.
Et qui sais si un jour peut être La Voie de Némésis connaitra un nouvel âge d’or ? Ce jour-là, je reprendrais mon blason et le coudrais moi-même sur mon corsage.
Je serais au poste frontière où nous avons laissé Bestiole et Luna, d’ici deux jours. Je t’y attendrais la journée, puis je partirais.
Je t’embrasse jeune fille,
Ta sœur qui t’adore


Deux jours plus tard, Undomiel était à l’heure au rendez-vous. Sans remords, elle venait de quitter sa nouvelle guilde et allait à nouveau suivre sa sœur. Elles se serrèrent un moment dans leurs bras, et le douanier en faction au poste frontière regarda ces deux jeunes hommes se sauter dans les bras l’un de l’autre d’un œil pour le moins sceptique… « S’ti qu’sont gais ces deux-là »…

Elles abandonnèrent leurs déguisements avant de franchir la frontière et le douanier fut encore plus surpris. Les deux jeunes femmes réclamèrent leurs équipements et surtout leurs Lunatics.

Ils leur firent une fête digne d’un numéro de cirque, battant des oreilles pour tenter de s’envoler, grignotant toutes les carottes qui leur passaient sous les dents… Bref, le quatuor s’était reformé et prit la route vers le quartier général des Raise of Heaven.

Angie y suivit Awen, Xerxes, Tenshu and co dans le but d’aller les aider à empêcher les anciens alliés de tourner en rond, et histoire de les faire tourner bourriques à la seule vue de l’emblème des RoH…

Undomiel quand à elle, reprit le chemin de l’internat où nombre d’anciens élèves reprenaient du service à son instar. La fin de l’année approchait, et les épreuves pour le diplôme d’alchimiste aussi.

Il allait lui falloir travailler d’arrache pied pour récupérer le retard qu’elle avait accumulé, mais elle avait retenu les leçons que lui avaient offertes les Conspirateurs… Elle savait quels monstres il lui fallait tuer pour s’améliorer rapidement. Et surtout, quand elle veillait tard dans la bibliothèque, une aide précieuse lui montrait ce qu’il lui fallait connaître…

La jeune femme avait bien changé depuis qu’elle avait rencontré sa sœur pour la première fois. Elle était déterminée à décrocher son diplôme et à se mette au travail… dès demain…
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Re: Petites histoires longues

Message  Iliamn le Dim 28 Oct - 23:05

One day in the life of a new alchemist (extrait du Journal Intime d’Undomiel)

Al De Baran, le 28 mars 2007

J’étais bien trop fatiguée hier soir pour écrire quoi que ce soit, exceptionnellement, j’écrirais donc ce matin (et ce soir, niet).

Donc hier, je passais mes épreuves pour le diplôme d’alchimiste. Hormis mes révisions sur les énigmes que j’aurais à résoudre, je me suis présentée à l’examen, les mains dans les poches... Ou plutôt, les mains sur mon cart remplis de bric à brac pour être exacte.

J’avais rendez vous avec Angie à la Kafra Est de Prontéra avant le début des épreuves. Elle voulait me souhaiter bon courage, mais elle a eu un empêchement de dernière minute (je la soupçonne quand même de s’être encore une fois pris les pieds dans ses lacets ou de s’être perdue quelque part aux confins du Royaume). Elle m’avait donc envoyé l’une de ses amies pour me remettre une enveloppe contenant un message :

Bon courage frangine, tu es l’espoir de la famille. J’ai confiance en toi, tu y arriveras.

Toujours aussi éloquente la monkette rose... M’enfin, le principal était là, elle m’encourageait.

Et puis dans l’enveloppe, il y avait pas mal de billets. Je les ai compté rapidement en fine marchande (oui bon, je rêve un peu). Un sacré pactole qu’elle me donnait là ma sœur adorée.

La blacksmith me remit ensuite une centaine de petits fours. Non, pas ceux qui se mangent, ceux qui permettent de faire des forges. Ceux qu’il fallait que je présente à la guilde des alchimistes pour démarrer mon examen.

La Blacksmith : « Cadeau d’une amie à l’amie d’une amie. »

J’en étais sur le derrière... Je pensais passer les acheter à Geffen sur la route, mais ils me tombaient dans les bras sans que je n’ai rien à débourser. J’avais beau demander qui était l’amie qui me voulait autant de bien, je n’arrivais pas à faire parler cette BS toute de cuir vêtue. Bizarre cette nana.

Bref, j’avais donc mes mini furnaces sur les bras. Impossible d’avancer avec ce sac sur l’épaule... Et mon cart qui était archi-plein... La Kafra ouvrit un vestiaire qui portait mon nom et j’ai pu y déposer les cochonneries qui encombraient ma charette.

Un rapide au-revoir à la BS et on me téléportait à Geffen. Tour de la ville pour trouver une autre Kafra, et téléportation vers Al De Baran.

Profonde respiration avant d’entrer dans l’antre de la guilde des alchimistes. Après tout, j’avais toujours les notes de ma mère sur moi, au cas où.

La petite dame derrière le comptoir me demanda de bien vouloir lui faire un chèque de 50.000 zénys (heureusement qu’Angie avait pourvu à mes finances, sinon j’aurais été très très mal) et de lui remettre les mini furnaces. Trop heureuse de pouvoir enlever cette charge qui me tirait sur les bras, je les lui tendais et faillis défoncer le comptoir.

Elle m’envoya au sous-sol du bâtiment, rencontrer un type dont le nom m’a échappé. Il me posa des questions ayant pour but (je pense) de vérifier mes capacités de marchande.

Calcul mental... Heureusement pour moi que j’avais ma chère calculatrice et le livre de ma mère qui m’informait qu’il y avait des erreurs dans la solution que se passait tous les apprentis alchimistes. Effectivement, il y avait bien une erreur sur le calcul.

Puis des questions sur des prix et des poids d’articles communs, des helms, des fly wings. Après vérifications dans mes bouquins, je donnais les réponses au type qui ne me disait pas si j’avais bon ou faux.

La dernière question fut la plus terrible : quel serait mon bénéfice si j’achetais 5 helms avec une réduction de 24% et que je les revendais à 20%. Mais à 20% de quoi ? du prix de vente normal ou du prix réduction faite ? Au hasard, je répondais ce qu’on m’avait dit de répondre, à savoir : 8.800 zénys.

Bon, ça c’était fait, la suite à présent... Et bien non ! Le gusse refusa mes réponses sous prétexte que l’une d’entre elles était fausse.

Pourquoi ma sœur n’était elle pas là ? Un asura derrière les étiquettes, et j’aurais eu la suite de mon examen devant moi... Jamais là quand il le fallait...

Et comme de fait exprès, le questionnaire changea. Et rebelote pour une série de calcul mental, puis de poids total et de prix. Et encore la question qui tuait avec du 24% de remise et du 20% du prix... En y réfléchissant bien, ce n’était pas 20% du prix de vente normal, mais vu la solution qu’on me donnait, c’était 24%... Bref, de quoi s’arracher les cheveux, mais cette fois-ci le type approuva mes réponses et m’envoya voir Darwin pour vérifier sa théorie sur l’évolution des potions...

Mince, il me fallait 3 medecine bowl et je ne savais pas où en trouver. Aucun de mes livres ne me disait quoi faire. J’étais retournée m’assoir devant le comptoir à l’entrée de la guilde et Luna me regardait comme si elle avait envie de se dégourdir les pattes.

Mais c’est bien sûr ! Xerxes saurait bien ça lui. Luna se transforma à nouveau en lapin-messager et alla trouver le Sin Cross. La réponse m’est revenue rapidement : derrière toi patate !

Ben oui, les medecine bowl s’achètent au comptoir de la guilde des alchimistes, soit à moins de 4 mètres de moi. Un peu honteuse, j’achetais discrètement les bols, sortait de mon cart 1 bouteille vide, 1 herbe verte, 1 herbe blanche et 1 herbe jaune. Je venais de relire les notes de ma mère, à première vue, il me fallait ces ingrédients avec moi pour la suite des évènements.

Une fois devant Darwin, celui-ci me parla longuement pour finalement me dire de revenir avec les bons ingrédients. Pensant qu’il lui fallait des lunettes, j’insistais pour qu’il me fasse passer son épreuve. Buté cet animal ! Il ne voulait pas. J’écoutais un peu plus attentivement ce qu’il me demandait pour me rendre compte que ce n’était pas 1 bouteille vide qu’il me fallait, mais 3, et que l’herbe jaune ne lui était d’aucune utilité puisqu’il voulait une rouge...

Fatiguée la mèmère ! Je sortais donc de mon cart ce qu’il me fallait et continuais donc mon examen. Darwin m’expliqua en détail sa théorie sur l’évolution d’une bonne potion, me montra comment faire une green potion, et ce fut mon tour de créer une red potion. Toute fière de mon résultat, Darwin valida ce test et m’offrit une troisième potion.

Il m’envoya ensuite voir Von Helmont au bout du couloir pour la suite de l’examen.

Totalement stressé le type ! Jamais vu quelqu’un qui avait autant de boulot par dessus la tête. Finalement il m’a envoyé voir Morgenstein à Geffen... Et comme si les allers retours ne suffisaient pas, je devais retourner à Alberta pour me faire remettre une invitation pour pouvoir parler au type.

Raz le bol des allers et retours pour me faire envoyer à Pétaouchnock les Bains puis à Tataouine les Ombrelles...

Pas de temps mort, au lieu de courir à travers tout le Royaume, j’utilisais les Kafras locales. Bien plus pratique que des boots usagés, je remerciais quand même ma sœur qui m’avait fait cadeau d’une belle somme d’argent que j’étais en train de dilapider à une vitesse faramineuse.

A Alberta donc, direction la dernière maison au Nord, le type à l’étage près de la fenêtre. Ah ben non, c’est pas moi qui donne les invitations, c’est « Je sais plus qui, j’ai perdu son nom », près de la place du marché de Geffen.

Undomiel : « Mais j’en viens de Geffen ! »
« J’ai perdu son nom » : « Pas ma faute. »

Tient, une Kafra... Tu tombes bien ma cocotte... Envoie-moi à Geffen ou je fais un malheur !

Le type était bien à l’endroit indiqué. Gentil comme tout, il m’expliqua où trouver Morgenstein et me délivra une invitation en bonne et due forme. Enfin quelqu’un de compréhensif dans ce monde où on aurait cru que passer un diplôme était synonyme de temps perdu...

Allé zou, à la guilde des Blacksmiths où Morgenstein était censé m’apprendre à réaliser des mixtures et des counteragents.

Il m’expliqua tout ça et puisque la pratique vaut mieux que la théorie, il réalisa sous mes yeux les précieuses potions. Heureusement que j’avais fais la récolte des champignons peu de temps avant sinon je n’aurais pas eu les karvodailnirol ni les détrimindexta. Et puis bon l’alcool que je stockais dans mon cart pour d’autres occasions aura servi là aussi pour une bonne cause.

Morgenstein me dit alors qu’il fallait que je retourne voir Von Hemont qui vérifierait si j’avais bien compris ce qu’on venait de m’apprendre. Mais avant, il fallait que je passe acheter 5 autres petits fours et que je récupère des coals. Soit disant que Von Hemont en aurait besoin.

Je savais que ma sœur avait passé un moment dans les mines d’à côté, mais avait-elle gardé les précieux métaux ? A tout hasard, j’envoyais Luna en mission spéciale. Elle revint rapidement avec la réponse : « J’ai tout refilé à la blacksmith qui t’a fait coucou tout à l’heure. Demande lui si des fois il lui en resterait. »

Cherche lapin… Cherche la BS. Réponse « Tout est passé en forge désolée. J’en ai récupéré 3, va à la guilde des alchi, quelqu’un te les apportera ».

Il m’en manquait encore deux… Et puis une idée au hasard… Saint Xerxes aurait-il 2 malheureux coals en stock ?

Va, cours, vole, Luna ! Réponse « Je t’apporte ça où tu veux, j’en ai pas mal. »

Pauvre Lunatic… Elle était dans un état quand elle m’a rejoint à la guilde des alchimistes… A peine l’avais-je déposé dans mon cart qu’elle dormait déjà sur ses deux oreilles.

Dans la précipitation, je n’ai même pas pris le temps de remercier Xerxes pour ses deux coals. La prochaine fois que je le verrais, il faudra que je rattrape mon manque de tact.

Bref, revenons-en à mon examen. Donc je file voir Von Helmont qui me demande la liste des ingrédients pour les mixtures et les counteragents, me prend les 5 coals et les 5 petits fours et m’envoie voir Nicholas Flamel dans la salle d’à coté.

Des anagrammes à résoudre… Rien que ça… Seulement c’était sans compter sur la fatigue qui commençait à se faire sentir. A la suite de la troisième question, j’ai tout simplement oublié de tourner la page de l’énoncé… J’ai pas mal cherché la solution qui était sous mon nez sans la voir et j’ai forcément rendu une copie fausse.

Epreuve à refaire forcément. Quand enfin j’ai découvert qu’il y avait une suite au dos du feuillet, je me serais volontiers collé une claque moi-même ! C’est ma frangine qui se serait marré comme une baleine en voyant mon étourderie.

M’enfin… Finalement, j’ai réussi l’épreuve et Von Helmont me remit un paquet que je devais apporter à Yuno… Rien que ça… Yuno, à l’autre bout du Royaume.

Sans même regarder ce qu’il y avait dans le sac, je retrouvais le chemin de la Kafra, utilisais ses services, et me faisais téléporter dans cette ville étrange où j’étais censé rencontrer 2 messieurs dans un restaurant. Deux noms à la gomme dont je ne me rappelle que le début : « Bi ».

Bref, je leur tendais le sac en leur disant : « De la part de Nicholas Flamel ». Et ils me tendirent 5 rubis. Ca j’y ai fait attention, parce que je sais que ça coute énormément cher. Ensuite je devais retourner voir Flamel. Et encore passage par la Kafra, décidément, ce diplôme me couterait bien cher.

Me revoilà donc à Al De Baran où ce cher Flamel m’annonça avec cérémonie que j’avais (enfin) obtenu mon diplôme d’alchimiste… Il me donna un livre sur la création de cocktails alcoolisé et m’envoya voir le styliste de la guilde pour que celui-ci me remette mon premier uniforme d’alchimiste.

La soirée avait été longue, je n’avais pas le courage d’envoyer la pauvre Luna pour prévenir ma sœur et mes co-guildiens que j’avais enfin mon diplôme, et je me suis endormie à la taille, sur une banquette face au comptoir dans la guilde des alchimistes…

On verra en temps et en heure pour la suite des évènements, pour l’instant, je récupère tranquillement de mes émotions. Mais je sais qu’il va encore me falloir travailler un moment avant de pouvoir venir en aide à qui que ce soit… Surtout travailler le lancer de cart et les muscles de mes petits bras…
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